•                                                                              Un jeudi soir ordinaire dans les rues Débauche Juvénilebordelaises. Des bandes de jeunes, ces individus à l'humanisation imparfaite et aux principes éducatifs sans doute à revoir, débarquent en ville pour faire la fête. Dès le début de la soirée ce sont des dizaines d'individus à l'acné encore fraîche ou des étudiants de « grandes écoles » qui se défient à haute voix dans les rames du tramway intimidant par la même occasion les autres, ceux qui essaient de rentrer chez eux. Armés de cocktail déguisé dans une bouteille d'eau minérale, de flûtes de champagne pour les plus raffinés, ou de simples canettes de bière premier prix, ces soiffards et padawan de la vie descendent gorgée après gorgée leur breuvage alcoolisé sans même prendre le temps de l'apprécier, l'important étant sans doute de parvenir en quelques minutes à un état digne de pouvoir apprécier la fête à sa juste mesure...Où vont-ils ? Peu importe. Sans doute écumer les bars à tapas, les before pour oublier leur triste condition de jeunes paumés insouciants et irresponsables. Ne va pas croire que je les juge même si mes propos te font croire le contraire. C'est juste une observation d'un rituel nocturne de fin de semaine qui semble prendre des proportions de plus en plus importantes d'année en année. Comme si ce gavage organisé constituait une porte d'entrée dans l'âge adulte...Le taux d'alcoolémie est à son apogée. Le jeune ne communique plus. Il hurle avec une certaine confusion. Les mots s'entrechoquent formant des onomatopées incompréhensibles pour le commun des mortels. Le troupeau de compatriote continue à dégainer les bouteilles comme de vulgaires sodas. Vodka, Bière, Whisky. Alcool fort en tête de gondole. Ils boivent. Ils s' »esctasient ». Ils forment une tribu. Une famille. Le liquide s'accumulant, les effets se font rapidement jour. Les excès vésicaux se répandent sur les trottoirs laissant dans l'atmosphère une odeur pestilentielle d'urine frelatée. Les garçons de leurs attributs arrosent les quais de la Garonne quand ils ne trébuchent pas pour s'y noyer. Les filles accroupies entre deux voitures s'oublient dans le caniveau. Les estomacs se sont guère plus étanches. Le trop plein rejoint la fange des trottoirs. Et c'est reparti pour une tournée générale. Jusqu'à plus soif on te dit sinon t'es vraiment pas fun. Les tessons de bouteilles claquent par terre. Le verre brisé s'accumule sur le sol parce que bien sûr l'effort est trop insurmontable de marcher quelques mètres pour jeter son cadavre transparent dans un bac communément appelé poubelle. La nuit s'écoule comme l'alcool dans leurs veines. Les boites les accueillent pour les premières heures matinales tandis que certains sont transportés sur une civière pour se faire dégriser dans le service des urgences où ils continueront d'envoyer valser leur contenu gastrique dans un « haricot » en polystyrène au rythme cadencé de leur haut-le-cœur convulsif tandis que leurs pantalons et jupes s’imprégneront de leurs oublis humides...pour les plus chanceux d'entre eux. Le matin calme les esprits. Les jeunes repartent. Les autres,ceux qui vont bosser, constatent d'un air las les fruits de la débauche de leur jeunesse dorée. Les services municipaux s'activent à effacer les traces et rendre place nette aux communs des mortels...et ce soir la fête recommencera.

    dj2


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